Le symptôme dans l'analyse freudienne
Symptôme : trace, écriture, représentation
Le symptôme et le malaise

 

 

"Le devenir du symptôme"

 

Daniel Destombes : Savoir y faire avec le symptôme

Françoise Trémolières : L'énigme d'un artiste ou l'énigme incarnée

Lise Demailly : Histoires de peintures. Sublimations ordinaires et savoir y faire avec le symptôme

Daniel Weiss : "Ce qu'on connait le mieux" (S'identifier à son symptôme)

Savoir y faire avec le symptôme ?

Nouvelle version présentée au Colloque de Lille en juin 2010.

 

Daniel Destombes

 

 

Une recherche de longue haleine.

 

Chaque sujet que nous traitons vient s’inscrire et prolonger des préoccupations plus lointaines, sortes de lignes de force qui axent toute notre recherche.

Je ne peux aborder la question du «  Savoir y faire avec le symptôme », donc avec les traces en moi du trauma, sans me souvenir que mon premier texte écrit pour la psychanalyse s’intitulait « La trace de la naissance : traumatisme ou ombilic ? ».

C’était dans le cadre d’un groupe de travail animé par Jean COOREN, en 1975, où nous lisions le texte de Freud « Inhibition, Symptôme, angoisse ». J’avais à commenter le chapitre consacré au traumatisme de la naissance. Déjà à cette époque je me souciais de la manière dont un trauma peut se cicatriser et devenir « ombilic », autrement dit, point sourcier.

Un peu plus tard, ce sont les liens entre la psychanalyse et la poésie qui allaient faire axe pour mon travail. La conférence d’un collègue, Georges GONDOLO, sur René CHAR, avait fait évènement. Je me souviens de la découverte de quelques aphorismes de CHAR :

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L'énigme d'un artiste ou l'énigme incarnée

 

Françoise Trémolières - Le 19 juin 2010

 

Soit un savoir insu de l'artiste ou de celui, ou celle, qui fait oeuvre de création. Quelque chose en lui qui ne se sait pas encore, et peut-être jamais, mais dont il va, oeuvrant, c'est-à-dire, posant l'acte de sa création, dire, à sa façon, à son insu, ce qui justement à la fois lui échappe, le fait être de jouissance, et forcément à un moment, de souffrance, poussé par une force pulsionnelle, irrépressible, envahi au moment de l'ouvrage créatif de sa propre énigme qu'il jette tout à coup sur la toile, par exemple, mais aussi sur le papier. Hallucinant et halluciné, il trace les traits de cette échappée, les traces d'une histoire enfouie à jamais, il dessine, peint, sculpte ou écrit, jette ses notes dans une envolée éperdue, ses mots qui l'un s'enchaînant à l'autre forment des phrases qui le dépassent, et se retrouve tout à coup, la pulsion de l'inspiration chutant, brutalement, désemparé, et ahuri bien souvent de ce qui s'est tracé en dépit de lui, mais avec lui.

 

Quelque chose s'est alors détachée de lui qu'il ne connaît pas forcément, mais dans laquelle il se reconnaît. Quelque chose de violent, l'a submergé totalement, cependant un reste s'est échappé et ce reste dans sa chute s'est accroché sur le support offert, ou rencontré, et qui faisait si peur, tout au moins quelque chose de son origine s'est tracée...

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CE QU'ON CONNAÎT LE MIEUX

À propos de l'identification au symptôme

Daniel Weiss

 

Le symptôme du début à la fin :

 

 

Avec le symptôme, la psychanalyse commence. Le considérant, après bien d'autres, comme une écriture, Freud en propose une lecture reposant sur des principes rationnels, matérialistes (motérialistes dira Lacan). Cette hypothèse freudienne, celle qui suppose possible la lecture du symptôme, se trouve reposée à chaque fois qu'une analyse commence, c'est elle qui fonde le transfert. Cela fera dire à Lacan que l'analysant croit à son symptôme (il ne fait pas qu'en jouir, il croit qu'il "veut dire" quelque chose, qu'il est possible de le lire, de le décrypter, qu'un savoir peut en rendre raison).

 

Avec le symptôme la psychanalyse commence, mais lui, finit-il avec elle ? 

La lecture des symptômes, la mise en évidence des fantasmes qu'ils recèlent et du désir que ces fantasmes représentent produit toutes sortes d'effets que l'on peut qualifier de thérapeutiques. Freud constate pourtant qu'elle n'en permet pas l'entière résolution. Le symptôme ne se dissout pas totalement dans le sens. Cette résistance constitue un des motifs essentiels des bouleversements théoriques des années 1920 (cf. Inhibition Symptôme Angoisse), mais on en trouve déjà la trace dans l'écart séparant la dix-septième conférence d'Introduction à la Psychanalyse (Le sens des symptômes) de la vingt-troisième (Les voies de la formation des symptômes).

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